Culture
The Voices


Bonjour tout le monde ! 

Je vous écris complètement reboostée par ma journée ! J'ai bien profité du printemps du cinéma et je suis allée voir deux films: Big Eyes et The Voices. Cet article va surtout se concentrer sur le deuxième, car ça faisait super longtemps que je n'avais pas autant ri et pris de plaisir devant un film ! J'ai trouvé l'univers complètement loufoque, glauque et coloré de Marjane Satrapi entraînant et j'étais toute clopin-clopante en sortant de la salle, tellement ce film m'a donné le sourire. Là ou c'est étrange, c'est qu'on parle d'un film dont l'histoire est celle d'un mec qui tue des gens. Décryptage ... :) 


J'aime beaucoup Marjane Satrapi, Persepolis était fabuleux, autant le film que les BD originelles dont il est tiré. Quand je lis ses interviews, j'admire l'irrévérence de cette femme. Parce que c'est ce que je préfère dans la vie, les gens irrévérencieux, qui mettent juste assez les pieds dans le plat pour que ça éclabousse bien les autres et que ça fasse réfléchir.


Le pitch de The Voices n'est pas des plus compliqués: Jerry est un mec a priori sympa et simplet, qui aime bien parler à son chat et à son chien, qui voit des papillons orner les têtes des jolies filles, et des ailes surplomber leurs dos. Oui oui, Jerry devrait prendre ses médicaments, sa psy est bien d'accord. Mais voila, quand il les prends, il se rends compte que la vie c'est gris, que son chat et son chien sont pas très bavards et que les filles sont moins jolies. Là ou certains prennent des drogues pour voir la vie façon arc-en-ciel, l'ami Jerry n'en a pas besoin ! Ce qui est plutôt cool de son point de vue, jusqu'au jour où, oopsy doopsy, il tue une jolie fille. Du coup, elle a vachement moins de papillons autour de la tête, par contre celle-ci trouve sa place direct dans le frigo de Jerry.


Je n'en dévoile pas plus pour vous éviter les spoilers. Vous l'aurez compris grâce à la bande annonce, le chat, Mr Moustache, est le pendant maléfique de la conscience de Jerry, alors que le chien, Bosco,  est son côté gros bisounours croc'love. Plutôt normal, les chats sont des petits cons ingrats la plupart du temps, alors que les chiens, même quand ils vous pissent dessus c'est de l'amour tellement ils sont contents de vous voir ! Mais pourquoi Jerry entends-t-il des voix ? Car il est le descendant de Jeanne d'arc schizophrène ! Je n'y connais pas grand chose en matière de maladies psychiatriques, mais j'ai appris de mes parents Infirmiers Psy qu'une maladie de ce genre mal soignée, en général c'est pas jojo.


Et pourtant on se prends d'affection pour Jerry. On le comprends, et on fait raisonner dans notre petite tête cette phrase toute bête "pauvre bichon, ce n'est pas de sa faute s'il tue pleins de gens, il est malade". Et on ri en même temps du manque de discernement de ce Jerry. Il est malade. Ce film est un hybride, entre le film de genre, la comédie, un certain drame. Mr Moustache et son super accent écossais font de cette petite chose innocente qu'est Jerry un monstre tueur de femmes. Le film le démontre très bien peu à peu, et nous embarque avec lui dans la descente de Jerry. Peut-on vraiment parler de descente ? Il le dit lui-même: il ne s'est jamais senti aussi vivant ! Notre sens moral en prends un coup: tuer des gens c'est tout sauf bien, alors pourquoi est ce qu'on se marre, qu'on est triste pour Jerry ? Marjane Satrapi, qu'es-tu en train de faire à notre petit cerveau ? 

Ryan Reynolds trouve grâce à mes yeux pour la première fois dans un film, je l'ai trouvé parfait dans ce rôle, tout autant que Gemma Atterton (dieu que cette femme est sexy !) et que les autres acteurs. Tantôt ce film nous fait voyager dans la réalité morbide d'une petite ville du fond des States remplie de rednecks, tantôt on se trouve dans le monde joyeux et coloré de Jerry. Un monde doux, où il suffit de mettre des gens dans son frigo pour s'en faire des copains, ou l'appart est toujours bien rangé, et où travailler dans une usine de fabrication de baignoire est un boulot cool avec la danse des chenilles à la clé.



Les personnes atteintes de maladies mentales sont en générales cantonnées dans deux cases dans le cinéma: le gentil débile profond, ou le psychopathe serial-killer. Je ne pousserais pas une porte ouverte en disant que Jerry est un mix des deux, tel que je l'ai ressenti il est peut-être trop rêveur, trop émotif et trop malade pour voir les choses tels quelles sont: la vie des fois c'est pourri, autant parler à ses animaux. On évitera quand même de tuer des gens au passage, hein, c'est peu recommandable. J'ai plongé peu à peu devant ce film moi aussi à une sorte de folie douce, de celle qui me fait du bien ! Du coup j'ai parlé à Mister Buggles, mon poisson rouge, voir si ma conscience avait un message à me faire passer: il m'a dit d'aller faire ma vaisselle. F*cking conscience !


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11 commentaires

  1. J'ai moi aussi beaucoup aimé ce film, mais Jerry n'est pas schizophrène.
    Déjà ces symptômes ne correspondent du tout aux réalités de cette maladie. Et ensuite (et surtout), ce n'est absolument pas dit dans le film : à aucun moment le nom de cette maladie, ou d'une autre, n'est prononcé dans le film. Sans compter que Marjane Satrapi elle même répète à longueur d'interview que pour elle Jerry n'a jamais été schizophrène, mais plutôt un mix de plusieurs désordres mentaux.

    J'ai bien aimé ta chronique sur le film, mais je trouve vraiment dommage de sauter tout de suite à ce type de conclusion hâtive alors que rien ne l'indique dans le film. Les schizophrènes sont déjà assez souvent stigmatisé (à tord) sans en rajouter dans les clichés (je parle en général, ce n'est pas du tout agressif envers toi hein !).

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    1. Hello !

      Wahou, ce n'est pas agressif mais un peu "abrupte" tout de même :)
      Alors, plusieurs choses, avec pour commencer l'idée que généralement les choses qui ne sont pas forcément dites noir sur blanc dans les films n'en sont pas moins réelles. Donc même si ce n'est pas dit dans le film, il est certain qu'il a une maladie psychiatrique, et vu comment son cerveau lui fait des tours entre la réalité telle qu'elle est telle qu'il la voit, vu les interviews justement de la réalisatrice et de son équipe, et vu les différents articles dans les médias (de qualité j'entends), c'est la manière la plus simple au final de faire comprendre ce que peux peut-être avoir Jerry. Une vulgarisation scientifique maladroite et cavalière mais comme je ne suis pas psychiatre, c'est bien possible que j'ai pu me tromper. L'erreur est humaine, loin de moi l'idée de stigmatiser une pathologie, je ne pensais pas en "rajouter dans les clichés", moi qui suis contre ce genre de procédé justement, me traînant déjà une image de "blogueuse beauté" comme cliché permanent je sais très bien ce que ça fait :) Donc pour ça, mea culpa, la différence est une richesse et j'ai mal fait passer mon message si a un quelconque moment il a pu se confondre avec de la condescendance !

      Ce n'était pas une conclusion hâtive de ma part, puisque justement j'ai lu dans pas mal d'article que le personnage l'était. Après on pourrait être plusieurs à se tromper, la masse n'a pas le monopole de la juste parole ^^

      Merci pour ton commentaire en tous cas, bien qu'un peu "brut de décoffrage", il laisse à réfléchir c'est certain ! Encore une fois, toutes mes excuses si j'ai laissé à penser d'un ton un peu badin que cette maladie était risible de manière justifiée !

      Bonne soirée tout de même ! :) Louise

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  2. J'hésitais à aller le voir, mais j'ai finalement opté pour Big Eyes !

    Il a vraiment l'air délirant (dans les deux sens du terme) vu ton article,
    je pense le regarder à l'occasion (en téléchargement légal of ourse :p)

    Merci pour ce petit topo !

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    1. Big Eyes est pas mal mais j'ai moins été transportée !
      Oui il est complètement foufou et en même temps il fait vraiment réfléchir ! :)
      De rien, tu me diras ce que tu en penses :)

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  3. J'ai lu que Marjane s'était beaucoup renseignée sur cette maladie... Quoi qu'il en soit j'ai beaucoup aimé ce film ! Il change de ce que l'on voit habituel, Ryan est extra dedans, dans tous les rôles qu'il interprète :)

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    1. Ben tu vois, je l'ai jamais trop aimé mais dans ce film il est génial ! :)
      Contente de voir qu'il n'a pas plus qu'à moi :)
      Bisous !

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  4. Tu m'as convaincu de voir de film !
    Quand j'avais vu que l'affiche, je me suis dit : "Oh un film bof bof avec Ryan Reynolds pour un rôle bof bof" .. À tord ! Il ne faut pas juger un livre à couverture, un film à son affiche ;)

    CE film a bien l'air décalé, et sympa comme tout! Tu en as donné une super chronique, je te remercie :)

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    1. Ho bah tu me diras ce que tu en penses :)
      Oui, c'est la bande annonce et le nom de la réalisatrice qui m'ont donné envie de voir le film, parce que Ryan Reynolds d'habitude ...
      Merci à toi pour ce compliment ! :)

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  5. En sortant de la séance je ne savais pas si j'avais adoré ou détesté ce film ^^ c'est la première fois que cela m'arrive. Mais au final, il est top ! On rigole bien, ce n'est pas trop gore. Même si Je filppé a chaque fois que la réalité lui revienne comme un boomerang au visage. :) Super résumé en tout cas :)

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    1. Haha, je peux comprendre, ça m'est déja arrivé avec certains films (les derniers Tim Burton notamment !) Oui les passages réalité/monde fantasmé sont assez édifiants dans le sens ou ça te revient comme une bonne claque dans la tronche !
      Merci beaucoup, & bisous ! :)

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  6. J'ai très envie de le voir ! Ca semble n'avoir rien à voir, mais j'avais adoré "Persepolis" !
    Ta critique me donne encore plus envie :)

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Merci pour ce petit mot, j'y répondrais avec plaisir dès que je trouverais un petit bout de temps :)