Petit guide du féminisme, harcèlement de rue & sexisme ordinaire


Bonjour tout le monde, pour une fois je ne suis pas seule et je vous présente Sophie, qui m'a aidé à peaufiner cet article grâce à son savoir universitaire. 

Je pense qu'on ne pourra pas reprocher à mon blog qu'il soit communautariste: j'ai de tous les âges dans mon lectorat, des hommes, des femmes, des hétéros, des homos, des jaunes des noirs des blancs, des gens bien et d'autres sûrement moins, et même si ce blog est certainement plus intéressant pour les femmes en majorité, je sais que messieurs vous vous cachez quelque part. Je sais que parmi la masse d'articles beauté que je mets du cœur à produire chaque mois, j'en fais d'autres, plus personnels sur des sujets qui me prennent aux tripes, et que ça vous intéresse aussi. Concernant cet article, cela fait bien un mois qu'il est en rédaction constante tant le sujet est vaste.

Là, j'ai eu envie d'aborder un sujet très complexe, mais passionnant et surtout criant d'actualité. Avant ça, une question : 

Quelle femme peut me dire ici que oui, jamais elle n'a été emmerdée par un gros lourd dans la rue ? Quelle femme n'a jamais senti qu'elle était ramenée à sa condition de femme, pendant un instant ? Ou même plus loin, quel homme ne s'est jamais dit en rentrant tard le soir "Il y a une fille devant moi, je vais changer de trottoir pour lui montrer qu'elle n'a rien à craindre !". 

Personne. Ou alors il va falloir me donner le nom de la ville où vous êtes pour que j'y emménage ! Rennes est également touchée par ce phénomène, il y a d'ailleurs une association Stop Harcèlement de Rue dans notre ville. Mais pourquoi un tel article maintenant me direz vous ? L'autre soir, avec Lucie et Mathilde, nous avons fait la connaissance d'un mec sympa, qui a commencé à aborder le sujet du féminisme. Qui nous disait que lui le harcèlement de rue il en était conscient, mais que même lui, bien éduqué, avec des amis bien éduqués également, quand il faisait un repas, inlassablement c'était la même chose: les mecs restent à table à la fin de la bonne bouffe entre potes, pendant que les nanas font la vaisselle.

MAIS ON EST OU ? Dans un monde basé sur des constructions sociales plus qu'évidentes: les hommes sont là pour dominer, être virils, ne pas pleurer, rapporter des sous, et se reproduire. Les femmes doivent appartenir à un homme, être douce, bien tenir un logis pour plaire à ces messieurs, et avoir peut-être, une chance qu'on daigne se reproduire avec elles. Ça vous choque ce que je dis ? Combien de fois c'est déjà arrivé qu'un mec lourd vienne vous draguer, et que quand vous lui annoncez que vous avez un mec, il dégage ? Voir qu'il insiste, en mode "Je ne suis pas jaloux", mais décide de partir si le petit copain imaginaire est très fort et peut lui casser les dents… La menace de coups de poing d'un garçon, plus efficace qu'un "non" féminin. 
Ben oui mesdames, il y a déjà le nom d'un propriétaire sur votre collier, autant aller chasser ailleurs. Combien de fois est arrivé l'inverse, ou le célibat est pesant car bien des messieurs pensent que du coup ce qu'il vous faut dans l'immédiat, c'est un bonhomme pour remplir votre vie, et tant qu'à faire, lui ?

Ces constructions sociales, j'irai même plus loin, ce "culte du genre" sont sexistes. Petite définition du sexisme: "Le sexisme est une attitude discriminatoire adoptée en raison du sexe". L'idée qu'une femme ne doit pas sortir de la cuisine, et qu'un homme est un super sportif, c'est sexiste. Et je ne parle même pas des concepts essentialistes qui stipulent que les hommes sont meilleurs en tout, parce que sinon j'ai pas fini. La construction du genre, qui apprend aux petites filles dès le plus jeune âge à rester calme et douce mais au petit garçon à être fort et courageux, ça fait du tort à tout le monde, aux filles comme aux mecs. 
Et les dégâts se voient des générations après. Car le féminisme, qui n'a pour seule définition que celle que vous trouverez ici, et non pas "dogme d'un groupe de lesbiennes poilues qui se promènent avec des sécateurs pour couper toutes les couilles qui dépassent" (je préfère le rappeler au cas-où !), est aussi là pour vous messieurs ! Quel rapport avec le harcèlement de rue alors ? 

Mais oui ma bonne dame ?

"- Moi je suis un mec bien, je n'harcèle personne, après j'ai déjà vu des filles se faire harceler ... 
- Et t'as fait quoi ? 
- Bah rien c'est pas trop mes affaires . "

Je reprendrai juste cette citation magnifique de Edmund Burke, que je cite souvent à mes amis, filles ou mecs, dans ce genre de conversations "La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien." Le rapport, c'est que ces schémas éducationnels sont tellement ancrés que ça vous fait du tort à vous aussi messieurs. Une maman qui va chercher ses gosses à l'école, c'est banal, alors qu'un père, c'est un bon père, c'est un homme extraordinaire qui s'occupe de ses enfants ! Non, c'est un homme normal qui comme tous les parents a des enfants et s'en occupe. Un homme qui pleure, tout le monde le sait, c'est une femmelette. Un homme qui a du chagrin et qui le montre est faible, car il est un fait avéré que les mecs se foutent sur la gueule quand ils ont quelque chose à dire, et qu'une fois la baston finie on en parle plus. 
MAIS OUI ! Le rapport direct avec le harcèlement de rue, c'est l'éducation. Les femmes ne se sentiraient pas oppressées dans la rue si les hommes ne se sentaient pas, pour certains, obligés de dominer, de marquer leur territoire comme des teckels en rut, bref, de bien faire comprendre aux nanas que c'est leur tier-quar à eux. Pour moi, le problème du harcèlement de rue n'est pas racial, comme on peut l'entendre parfois, mais vient réellement de l'éducation, de la perception que l'homme a de la femme et inversement, du respect de la morale, et d'un flou artistique autour du mythe de la "bonne victime", celle qui est en droit de se plaindre parce que c'était une sainte mais qu'il lui est quand même arrivée des bricoles. Et bien bonne nouvelle les gens, les saintes, ça n'existe pas ! Nous, les nanas, on est juste humaines, on met des jupes, on parle parfois de cul, parfois non, on est amoureuses ou pas, on est fortes, et des fois moins, bref, on est entières et c'est pas pour autant qu'on a un gros panneau "emmerdez moi j'adore ça" qui clignote sur le front. 

Alors que peut-on faire ?
Vous voyez une fille se faire emmerder dans la rue ? Allez la voir ! Une fois j'attendais une copine à la gare de Rennes, et j'ai vu une autre fille qui n'arrivait pas à se débarrasser d'un mec bien collant et bien lourd. J'ai pas hésité, je suis allée la voir direct et j'ai sorti un truc du genre " Salut Marion, désolée je suis en retard, ça fait longtemps que t'attends ?", et on s'est éloignée toutes les deux. Tendre la main à quelqu'un qui peut en avoir besoin, ça peut permettre d'éviter des situations très mauvaises. Et même si vous êtes un mec, et que vous assistez à ce genre de situation, réagissez ! Une nana se fait toucher dans le métro ? Bougez-vous, elle vous en remerciera. 
Souvent quand on se fait agresser, et je parle d'expérience, notre cerveau se met en mode "survie, blocage, il se passe un truc bizarre alors ne pense à rien". L'humanité, c'est une richesse en chacun de nous qui n'est que trop peu souvent usitée.
Ce n'est pas parce que vous avez aidé une "jeune femme en détresse" qu'elle vous doit quoi que ce soit. D'ailleurs, ce n'est pas une jeune femme en détresse. C'est une personne qui se fait emmerder dans un espace public, sans raison.
Il y a des hommes qui n'hésitent pas à réclamer quelque chose ensuite, à se prendre pour un "prince charmant" sur son cheval blanc, voire à agresser à leur tour. Dans l'absolu, même un "merci", n'est pas obligatoire (après bien sûr c'est mieux d'être poli). Aider quelqu'un, c'est aussi ne rien attendre en retour. Alors ne l'agresser pas à votre tour si le résultat n'est pas celui escompté. Dans un moment de peur, de stress… On ne réagit pas forcément "normalement". 
Rien de plus agaçant, lorsqu'on est une fille, que d'être en soirée et d'être présentée par un mec à des mecs que l'on ne connaît pas. On ne sera jamais "Louise, ma pote que j'ai rencontré tel jour à tel truc", on sera " Louise, la copine de machin-chose". Merci de me rappeler qu'en dehors de mon copain je n'existe pas spécialement. Donc arrêtez tous, garçons comme filles, de faire ça ! Pareillement les filles, faites attention. 
Car s'il y a bien quelque chose que j'ai remarqué, et parfois je l'ai fait aussi mais je le regrette, c'est cette capacité qu'ont les femmes à juger de manière cruelle d'autres femmes. Le Slut Shaming n'est pas l'apanage des fins fonds d'internet, il existe tout autour de nous. Dire que telle est habillée comme une pute, ça ne fera pas avancer le débat, c'est stérile et de plus offensant. 
Petite définition du slut shaming: Le slut-shaming est un concept proposé à l'origine par les féministes canadiennes et américaines. Cette expression, traduisible en français par «intimidation (ou humiliation) des salopes» ou «couvrir de honte les salopes», regroupe un ensemble d'attitudes individuelles ou collectives, agressives envers les femmes dont le comportement sexuel serait jugé «hors-norme». 
Donc on arrête de juger les expériences sexuelles, les tenues, la vie sentimentale des autres en fonction de ses propres critères et de son vécu, car cela nous fait du tort à toutes ! En effet, pendant qu'on se crêpe le chignon, on ne fait pas avancer le problème, et donc un embryon de solution ne peut pas naître. Des situations dangereuses peuvent même découler de cela: dire qu'une fille est une "allumeuse", créer des rumeurs ... Rien n'est sans conséquences. Il n'y a pas les filles "biens" d'un côté, et les grosses marie-couche-toi-là de l'autre, il y a juste des femmes, point.

Oui, le harcèlement de rue, et le sexisme de manière générale sont une réalité. Mais il ne faut pas confondre le mec qui vient vous demander l'heure et qui reste un peu discuter, de celui qui est un réel harceleur, sachant que, on est d'accord: la différence entre les deux est floue. Trop de méfiance n'est jamais salutaire, quand cela atteint un extrême c'est une mauvaise chose, et je n'aimerais pas être à la place de celles qui voient les hommes de cette manière. Bien sûr, il faut par contre être prudente, mais une prudence saine n'empêche pas d'avancer, et la misandrie n'est pas une solution à tous les problèmes évoqués. 
Concernant le "faire preuve de mesure", là encore c'est important. Lorsque l'on est engagé de manière trop viscérale dans une lutte, on ne peut alors plus avoir de recul sur celle-ci, et la question devient aseptisée avec un certain sens du bien/pas bien. Se remettre en question, remettre en question ses convictions, du moins une partie, mais aussi ses acquis, ses opinions et comprendre les différences de discours (sans pour autant les accepter si vous ne le souhaitez pas), est une part importante et nécessaire du processus. 
Quid de l'oppression bien pensante ? Personne n'aime se faire imposer les choses sans les comprendre, par contre si vous prenez le temps d'échanger, là une évolution peut se faire. Ne construisons pas des murs autour de nous pour enfermer les gens à l'intérieur selon nos propres convictions, mais faisons des ponts ! Un pas vers ceux qui ne fonctionnent pas comme nous sera plus salutaire, bien souvent, qu'une grosse tartine dans la tronche. Garder ces deux mots à l'esprit "justice et justesse". 
Qu'on ne se considère pas comme féminisme, d'accord, après tout, personne n'est obligé d'avoir les mêmes convictions que son voisin. Ce que je trouve dommage, c'est qu'on ne se considère pas féministe en ayant eu une mauvaise connaissance de ce que c'est. Pour rappel, le féminisme est la croyance qu'une égalité politique, culturelle, sociale, salariale, économique, personnelle et juridique doit exister entre hommes femmes. Tu es pour tout cela ? Et bien bravo, tu es féministe ! 
Après bien sûr il y a des courants de pensées dans ce mouvement militant, dont certains auxquels je n'adhère pas du tout. Personnellement je suis de celles qui sont en faveur du droit des femmes, mais aussi de ceux des hommes. Le féminisme est née dans un contexte de non-égalité entre les hommes et les femmes, avec cette envie de donner aux femmes le même droit qu'aux autres. Tandis que le masculinisme par exemple, est apparu dans un contexte où cette égalité commence à être là, et dans le but de faire marche arrière. 
L'un et l'autre sont souvent comparés, sémantiquement parlant. Comme si le féminisme voulait la suprématie des femmes. Mais il faut replacer les choses dans un contexte historique. Et renier le terme de "féminisme", pour en mettre un autre par exemple, c'est aussi renier l'histoire du mot, l'histoire d'un combat, qui n'était autre que celui de l'égalité entre les sexes. 
Nous sommes tous humains, c'est un fait, et en tant que tel nous avons le droit au respect. Pas en tant qu'homme, femme, trans, bi, gay, etc. En tant qu'humain tout simplement. Cependant, on ne peut pas nier que majoritairement les femmes pâtissent du sexisme plus que les hommes, mais détrompez-vous, eux aussi sont en galère. Vous remarquerez que dans mon précédent paragraphe je n'ai pas dit "les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes car elles le méritent", ou quelque chose d'assimilé. Car les hommes aussi sont victimes de ce sexisme, je le rappelle. Une femme battue, si elle fait les démarches pour s'en sortir bien sûr (et je sais que ce n'est pas facile), sera prise en charge. Un homme battu ne se l'avouera jamais à lui-même car il y a la notion de tabou, et quand il le fera ce sera un long combat. J'en ai pour preuve le témoignage de Maxime Gaget, intitulé Ma compagne, mon bourreau. On estime à 100 000 les hommes battus en France chaque année, et 100 000 c'est pas des clopinettes. Pareillement je le répète, et je m'appuie sur le discours d'Emma Watson, pourquoi le rôle d'une mère serait plus estimé que celui d'un père ? Pourquoi favoriser un parent au détriment de l'autre, dans un contexte où les deux sont là pour l'enfant ? Là encore c'est délicat, car un père absent est malgré tout considéré comme un "père", une mère absente par contre ... Un père qui abandonne ses enfants, c'est un sale con, une mère qui abandonne ses enfants est une "sale pute criminelle". 
Dans une société où les hommes sont de base avantagés sur les femmes, ils n'ont, dans l'absolu, pas forcément d'intérêt à soutenir la cause des femmes. Mais comme "chaque chose a les défauts de ses qualités", même eux se retrouvent pris au piège du patriarcat. Tout ce qui est considéré comme féminin est tellement mal vu et dénigré que si un homme ne correspond pas à cette image, il est dénigré aussi (c'est notamment le cas des homosexuels). Un homme ne pleure pas, c'est pour les filles. Un homme ne couche pas avec un homme, c'est pour les filles. Un homme ne peut pas être battu, c'est pour les filles (…). Alors il vaut mieux ne rien dire et faire semblant. S'exprimer sur ce qu'on ressent, c'est pour les filles. Mais ce n'est pas parce que les hommes ne parlent pas de leurs souffrances qu'elles n'existent pas.
Pendant deux ans, Sophie a travaillé sur l'expression de la souffrance et de l'intime sur internet, par les femmes. Témoignages, commentaires, tweets… Ce terrain et son corpus étaient foisonnant.Si elle devait réitérer l'expérience avec des témoignages d'hommes, la tâche serait probablement plus ardue. Cet Autre, que ça soit un individu ou la société, qui nous impose une conduite à suivre, qui nous met dans une case, ou propose un seul choix possible dans une binarité, nous contraint dans notre être même. Même une feuille de papier, aussi plate soit-elle, a deux faces. Et l'être humain est fait de multiples facettes, qui évoluent au fil du temps, que l'on choisit de montrer, d'exprimer, ou pas. Même celui qui impose sa vision des choses, s'enferme à son tour dans une image qui n'est pas forcément totalement la sienne. J'ose espérer que si les alliés existent, ce n'est pas seulement pour obtenir le droit de pleurer, mais aussi pour soutenir la cause humaine, qui est celle des femmes et des hommes.
Cette phrase, qui individualise un phénomène pourtant collectif, permet aussi de se dédouaner de tout. Ça n'arrive qu'à toi ces choses-là, c'est comme dire "le facteur commun de ces événements, c'est toi. Donc le problème vient de toi", alors qu'on apprend que 100% des femmes ont eu droit à du harcèlement de rue. C'est rejeter la faute sur un individu, ici sur la femme, une fois de plus. Ça vaut un "Tu étais habillée comment aussi ?". Ce n'est pas parce que moi, j'en parle, que ça n'arrive qu'à moi. Il suffit d'une femme en soirée qui raconte une expérience d'harcèlement de rue pour que tout le monde s'y mette ou presque. Depuis le reportage "Femmes de rue" de Sofie Peeters, sorti en 2012, la parole se délie sur le harcèlement de rue. Mais ce n'est pas parce qu'on n'en parlait pas avant que ça n'existait pas. Le harcèlement de rue, l'égalité… C'est aussi une affaire de paroles. Récemment, une personne aurait dit "Si elles se sentent agressées, c'est probablement qu'elles ont quelque chose à se reprocher." Si quelqu'un se sent agressé, c'est probablement parce qu'il l'a été, agressé. Là où il faut se poser des questions c'est si on se sent visé sans agression. Si une femme se sent visée sur une blague concernant les femmes, c'est parce qu'elle est une femme, et que les blagues se font souvent sur des généralités (qui concerneraient alors toutes les femmes). 
Certains hommes se sentent obligés de dire "On est pas tous comme ça" quand on lui raconte l'histoire d'une agression. Cet événement concerne des individus, un moment précis… Mais c'est parce qu'il se sent obligé de se réhabiliter en tant qu'homme, même si cette histoire ne le concerne pas. Raconter une agression, ce n'est pas faire forcément une généralité, c'est raconter une agression.
Haaaa ces fameuses idées préconçues ! Une fille qui met une jupe est une aguicheuse et qui l'a bien cherché, une victime de viol c'est une nana qui se fait attaquer dans une ruelle sombre tard la nuit par un inconnu. Eh bien non, plus de la moitié des victimes de viol se font violer par des amis, par leurs mecs, par des gens qu'elles connaissent bien et ce parfois depuis des années. Il n'y a pas de bonnes victimes, d'exemplarité de celles qui sont en droit de se plaindre, et de celles qui ont mérité ce qui leur est arrivé. Un viol est un viol, rien ne peut l'excuser, tout comme les attouchements. Pareil, plus d'excuses pour "elle n'a pas dit non". S'il n'y a pas de oui clair et net, c'est un non. Dans ce domaine le flou artistique n'existe pas. Alors là je m'adresse aux messieurs, s'il vous arrive parfois de traîner sur des sites de coaching de drague, et que le coach vous sort "si elle dit non, peut-être qu'elle finira par dire oui", soyez plus intelligent qu'un mec qui vous fait payer une fortune pour des cours de merde, et réfléchissez: un non, c'est un non, et il y a une différence entre ce qu'on veut et ce qu'on accepte.
Et on arrête de faire culpabiliser, si une fille vous raconte son agression, son viol, on lui sort pas en premier "mais t'étais habillée comment ?", on lui demande comment ça va, par exemple, c'est mieux. Parce qu'au fond, le sujet c'est pas comment on s'habille quand on sort, en journée, notre attitude, où on était et à quelle heure, le problème. Ce n'est pas à nous, nanas, de nous interdire de faire certaines choses pour notre propre sécurité, mais c'est bien aux agresseurs de comprendre que la jupe n'était pas une invitation. Que je sois en plein après-midi avec un col roulé dans une place très fréquentée, ou à 3 heures du matin en mini jupe dans une ruelle sombre: Non, c'est NON.




Globalement, si vous êtes arrivés jusqu'ici, c'est que vous êtes pour l'égalité homme/femme. On l'est à peu près tous et c'est socialement accepté de l'être. Il est facile de dire à un dîner "Ah mais oui, je suis pour l'égalité homme/femme mais…" ou "je suis féministe (ou pas), mais…", mais il est plus difficile d'avoir une conduite cohérente avec cela au quotidien. Il y a toujours des moments où on peut s'éloigner de ses convictions.
Il n'est pas aisé d'écrire quelque chose de nouveau par rapport au féminisme. On a un peu l'impression de lire toujours la même chose (si tant est qu'on le lise), et on est globalement tous pour l'égalité homme/femme. Donc haut les cœurs, on y est pas encore mais on a devant nous un chemin à suivre. Déjà, en parler, faire tourner cet article si vous êtes d'accord avec, partager avec nous votre vision de la chose dans les commentaires (tout en restant constructif et poli), c'est bien ! Merci pour votre temps, on espère quand même que la lecture était agréable ! 


Article écrit en collaboration avec Sophie Barel, et illustré par la talentueuse Elosterv :) 
> La différence entre drague et harcèlement de rue par Projet-Crocodile:
http://projetcrocodiles.tumblr.com/post/108245140083/jai-mis-des-petits-lapins-pour-ceux-qui-naiment

> 100% des femmes ont été victime d'harcèlement de rue:

> Rennes est également touché et plusieurs articles en parlent, comme celui ci par exemple:
http://rennesdesbonsplans.com/marcher-seule-dans-les-rue-de-rennes-et-dailleurs/

> Note du projet Crocodile sur quoi faire en tant qu'homme:
http://projetcrocodiles.tumblr.com/post/108245129893/pour-aller-plus-loin-des-femmes-peintres)

> Pourquoi le harcèlement de rue est une agression et pourquoi même un mec lambda peut être perçu comme un danger:
http://sophiebarel.blogspot.fr/2014/05/pourquoi-le-harcelement-de-rue-est-il.html).

> Reportage d'Ovidie, qui représente une excellente introduction à toutes les questions que vous avez pu vous poser un jour sur le féminisme, le sexisme, le genre, le sexe pour les femmes, etc. https://www.youtube.com/watch?v=kZQ8GUDscOw

> Tribune de Jack Parker sur le féminisme à l'usage des atrices françaises, et finalement à l'usage de tout le monde. 
http://www.terrafemina.com/article/petit-guide-pratique-du-feminisme-a-l-usage-des-actrices-francaises_a288592/1

> Maxime Gaget à propos de son livre "Ma femme, mon Bourreau", traitant des hommes battus et de ce tabou 
http://www.metronews.fr/info/hommes-battus-une-victime-temoigne-dans-un-livre-bouleversant/mobj!0k432YxQ3ejg/

> Discours d'Emma Watson en tant qu'ambassadrice de bonne volonté de l'ONU femmes 
http://www.unwomen.org/fr/news/stories/2014/9/emma-watson-gender-equality-is-your-issue-too

> Les villes sont-elles faites pour les hommes ? 
http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/594/reader/reader.html?t=1444234454721#!preferred/1/package/594/pub/595/page/8

> Projet Crocodile, livre de Thomas Mathieu, 17 € 95. Thomas Mathieu illustre des témoignages de femmes liés aux problématiques comme le harcèlement de rue, le machisme et le sexisme ordinaire. Son travail s'inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience et d'une nouvelle génération de féministes qui utilisent internet pour réfléchir et informer sur des concepts tels le "slut-shaming" ou le "privilège masculin".

> Pour expliquer le féminisme aux enfants "On est pas des Poupées" de Delphine Beauvois et Claire Cantais, à partir de 4 ans. 


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20 commentaires

  1. Super article choupette! Tu l'avais dit tu l'as fait et j'ai une super méga bouffée de fièritude que tu sois ma pote!!!! Love <3 Et bravo aux deux co-auteures :)!

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    1. Héhé merci beaucoup !! :) Je relaye tes bravo ! :)

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  2. Super article choupette!! Tu l'avais dit tu l'as fait et j'ai une grosse bouffée de fiéritude que tu sois ma copine la je t'avoue!!! Love <3 Et bravo aux deux co-auteures!!!

    Pauline

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  3. Je file le relayer ! C'est un super article, fourni et fouillé comme je m'y attendais et je ne peux qu'approuver chaque paragraphe. Je suis régulièrement en colère contre beaucoup de choses mais ça vraiment, il faut que ça s'arrête, on est en 2015 et on voit encore beaucoup trop d'agissements totalement hors du temps qui devraient être hués par tout le monde. La rue et le monde appartiennent à tous, que l'on soit femme, homme, gay, lesbienne, bi, trans et toutes ces "pseudo-différences" constamment pointées du doigt pour rien du tout. J'ose espérer que cette société là où ces différences ne seraient plus considérées comme telles n'est plus si loin, en tout cas je croise les doigts, naïve que je suis.

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    1. Salut Florence ! :)
      Merci beaucoup pour le soutien, j'ai vu que tu l'avais rajouté dans ton article, merci encore pour ça, comme je l'ai dit le premier pas sera une grosse prise de conscience de la part de tout le monde, et ça commence avec ça ! :)

      Bonne soirée à toi !

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  4. Ton article est hyper intéressant, le féminisme est un large sujet qui nous touches toutes, enfin je pense !
    J'adore ta définition du "ce ne sont pas que des lesbiennes poilues", mais même les lesbiennes ne sont pas toutes poilues, masculines et ne coupent pas non plus des zizis xD
    Tu m'as appris plein de chose, ton article est hyper bien construit, vraiment c'est génial !

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    1. Merci beaucoup !! :)
      Ha bien sûr que non, tout comme tous les gays ne sont pas des grandes folles en talons avec du fond de teint, mais dans l'imaginaire collectif, les féministes sont pourtant bien des nanas pas féminines, souvent lesbienne et détestant les hommes. Je suis juste tout l'inverse et je suis féministe, comme quoi, tout arrive haha ! :)
      Je te remercie du fond du coeur pour ces compliments, je pense que ça fera vraiment plaisir également aux deux copines qui m'ont aidé ! Bisous !

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  5. Ah la la il va falloir relayer cet article en masse
    Il est juste génial
    Je ne peux que te remercier car j'ose trop peu en parler sur mon blog
    Mais heureusement toi et bien d'autres le font
    Et en parlent tellement bien !!!
    Et Dieu sait à quel point c'est important de le faire
    Et tu as raison pour tout, je te rejoins sur tous les points
    Le féminisme c'est une histoire d'être humain, d'homme et de femme, main dans la main ensemble
    Pour avancer !!!!!!!
    Et ce serait tellement bien que les hommes le comprennent !!!
    Parce que souvent je me bats pour faire comprendre que non on ne veut pas dominer le monde
    On veut juste les mêmes droits que tout le monde
    On a les mêmes devoirs, alors pourquoi nos droits sont si différents???
    En tout cas il faut se battre, encore et encore
    Et rien lâcher !! Petits pas pour l'homme, grands pas pour l'humanité ;) <3
    http://mademoisellevi.com

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    1. Que les hommes le comprennent, mais que les femmes aussi ! Merci en tous cas pour ton retour sur cet article, ça me fait réellement plaisir de voir qu'il a reçu un accueil aussi sincère et chaleureux !

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  6. Merci pour cet article, clair, sans clichés, non-aggressif, merci merci!! :)
    On avance petit à petit, article par article, mais ça prend de l'ampleur et ça touche de plus en plus de monde!
    Bravo à vous!

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    1. Hello !

      Merci à toi pour avoir pris le temps de me laisser un petit commentaire, je suis ravie, et je pense qu'Elosterv et Sophie le sont aussi, de voir que cet article reçoit un aussi bon accueil !

      Bisous =)

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  7. Un article vraiment interressant! Et je suis contente d'en entendre parler. Tout cela me préoccupe vraiment un peu plus chaque jour, et ton article m'a vraiment donné envie d'en écrire un. POur exprimer mon opinion là dessus! Je valide cet article! Tu as vraiment bien préparé cet article! ♥

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    1. Hello Héloïse !
      Je suis trop heureuse de voir l'accueil qu'a cet article, c'était pas gagné, j'avais un peu peur au début, mais bon, c'est important d'avoir le courage de ses opinions comme on dit ! :)

      Bisous !

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  8. Article formidable ! Très agréable de te lire, et de plus sur ce sujet. Je te suis de bout en bout, et je relaierai très certainement cet article !

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    1. Oh merci, ça me fait toujours trop plaisir quand on me dit que c'est agréable de lire ce que j'écris ! :p
      <3

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  9. Quel article, tout y est, très clair et tellement vrai !! Franchement bravo, on sent que ça vous tiens à coeur et vous avez raison !! Bravo :)

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    1. Merci !!! Et oui c'est un sujet important, autant le relayer et en parler autour de nous ! :)

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  10. Je pense que tout le côté "harcèlement de rue" ou de bar d'ailleurs, les mecs s'en rendent pas compte. En tout cas quand t'es pas acteur. C'est pas quelque chose que je vois souvent, et c'est pas quelque chose que je pratique. Mais on en entend parler un peu partout. Et j'avoue qu'au début j'étais un peu sceptique et je me disais que c'était exagéré. Et puis j'en ai parlé avec des amies, j'ai vu des mecs mettre des mains au cul à des filles qu'ils connaissaient même pas là. Et là tu te rends compte que c'est pas parce que tu le vois pas que ça existe pas émoticône tongue. Et après y'a les acteurs gentils qui se disent que c'est pas méchant, qu'ils essayent juste de "pécho" et soit se rendent pas compte qu'ils sont lourds, ou que c'est juste la 20ème fois aujourd'hui que la fille se fait aborder, gentillement ou pas.
    Hier je parlais avec une amie, qui est du genre très timide. Et elle me disait que déjà rien qu'une sortie avec maquillage et une sans sont très différentes. Dès qu'elle met du maquillage y'a des mecs qui l'approchent, qui se retournent etc. Et du coup bah, elle met quasiment jamais de maquillage. Changer ton comportement par peur du comportement des autres, je crois que c'est la pire des choses x).
    Mais sinon très bon article, complet et documenté émoticône smile. Comme tu le dis, je pense qu'au final tout c'est est représentatif de la société en général, de l'éducation qu'ont les gens. Faudra déjà arrêter de donner des poupées aux filles et des camions aux garçons.

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    1. Exactement, ce n'est pas aux "oppressées" de s'adapter à la non-éducation des oppresseurs. Je prends par exemple la ville de nantes, qui permet aux femmes de demander au chauffeur du bus de s'arrêter à un point précis de la ligne passé une certaine heure: c'est une solution, certes, mais ça ne va pas changer les choses en profondeurs. Ce qui changera les comportement ce sera une prise de conscience du problème existant, et une manière différente d'éduquer les enfants face à ces schémas. Les femmes n'ont pas à changer leurs attitudes, en revanche certains hommes si.

      Merci de ton retour !! :)

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  11. Mais sinon, en tant que femme féministe, tu fais le ménage ou pas alors????
    Si, oui. Passes chez moi. Merci.

    Bisous. Un teckel en rut parfois artiste incompris.

    ;)



    En vrai, bon article, fourni de bons exemples sur un sujet si vaste, et également agréable à lire. :)
    On ne suit pas toujours le bon chemin en effet, je me le répète souvent, mais on évolue dans le bon sens au fur et à mesure de le remarquer. Et c'est encore une lecture qui peut faire évoluer dans ce chemin! Donc, merci.
    Sinon, j'ai remarqué une "évolution" dans le harcèlement de rue : de plus en plus, des hommes me demandent un service (un briquet, l'heure, le chemin, n'importe quoi...) pour en arriver à devenir vraiment lourd la phrase suivante.
    Y'a UNE journée cette année où j'ai dit "STOP LA GENTILLESSE, ALLEZ VOUS FAIRE VOIR, homme, femme, enfant (limite! ^^), toi qui me parlera, tu récolteras le vent et mes gros yeux." Tellement j'avais eu ma dose rien qu'un dimanche matin en allant acheter du pain : 5 altercations complètement explicites en 20min, y'a écrit "Resto du cul" sur mon fion? Faut m'le dire sinon! D:
    Et pour ceux qui me connaissent, c'est pas moi, ça. Quand, dans la rue, un inconnu m'interpelle avec une remarque sur mon physique ou me propose de me payer un verre chez lui et qu'on me demande après si je vais bien, je réponds "oui et toi? :)" et en général, après je m'en cogne la tête contre les murs d'avoir juste été naturelle et naïve 5 secondes... MAIS je dis toujours "Merci, Bonne journée" aux "compliments" déplacés..etc. Jusqu'au bout, je n'abandonne pas ma politesse qui m'est si chère.
    Et je trouve ça très moche que ce harcèlement de rue arrive à changer ce que j'ai toujours été, mes principes. J'évolue mais dans l'agacement, la perte de patience et la crainte. Alors que je suis dans la méfiance, certes, mais le bénéfice du doute et la diplomatie.
    C'est MOCHE.
    Je m'arrête là, mais ça me fait vraiment rebondir sur beaucoup de choses ton article. Et j'espère que ça en fera rebondir d'autres dans le bon sens du terme, afin de faire progresser les moeurs de la street! :D

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Merci pour ce petit mot, j'y répondrais avec plaisir dès que je trouverais un petit bout de temps :)